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Une hausse des prix du CO2 diminuerait rapidement les émissions du secteur électrique européen

Source : RTE - DC 19/04/2016

En 2015, les pays de l’Union européenne se sont engagés à réduire de 40% leur émission de gaz à effet de serre à l’horizon 2030, engagement réaffirmé lors de la COP21. Afin d’accompagner cette démarche, RTE a réalisé, avec la participation de l’ADEME, une étude sur les effets du niveau de prix du CO2 émis sur le mix électrique. Les travaux réalisés à partir des scénarios du Bilan prévisionnel de RTE montrent qu’un prix autour de 30 €/tonne de CO2, fixé au niveau européen, permettrait de diminuer rapidement les émissions du secteur électrique européen de façon significative (- 15%). Un prix plus élevé, de l’ordre de 100 €/tonne, engendrerait une réduction des émissions de l’ordre de 33 %. A moyen et long terme, la mise en place d’un prix élevé des quotas de CO2 donnerait un signal favorable à l’investissement dans les énergies renouvelables et pourrait faciliter la rentabilité des moyens de flexibilité comme le pilotage de la demande, le stockage mais aussi les centrales au gaz.

Depuis quelques années, le contexte économique et les faibles prix du CO2 sur le marché rendent les centrales de production d’électricité à base de charbon plus compétitives que celles au gaz, alors que ces dernières sont fortement moins émettrices de CO2. Structurellement, depuis la mise en place du Système Européen d’Échange de Quotas d’Émissions (SEQE) en 2007, le prix des quotas se maintient à un faible niveau, ne permettant pas d’envoyer un signal à long terme aux acteurs économiques pour les orienter définitivement vers les solutions de production les moins émettrices de CO2.

La hausse du prix du CO2 assurerait la rentabilité des centrales au gaz, aujourd’hui en difficulté et permettrait d’augmenter leur part dans la production thermique classique (gaz, charbon, lignite et fioul), privilégiant ainsi un moyen fortement moins émetteur de CO2 que le charbon.

À moyen et long terme, l’étude révèle aussi qu’un prix du CO2 élevé encouragerait les acteurs économiques à orienter leurs investissements vers des solutions de production d’électricité moins productrices de CO2. Le prix du CO2 accroîtrait en particulier la compétitivité relative des énergies renouvelables par rapport aux énergies fossiles et améliorerait aussi leur intégration au marché, en diminuant leur besoin de subvention.

Par ailleurs, le développement des énergies renouvelables s’accompagne d’une augmentation des besoins de flexibilité dans le système électrique européen. Or, les centrales au gaz, tout comme l’hydroélectricité à réservoir, sont les principaux moyens de production permettant aujourd’hui d’assurer cette flexibilité. L’augmentation de la part du gaz dans la production thermique fossile contribuerait ainsi à couvrir ces besoins de flexibilité, aux côtés des autres moyens comme le pilotage de la demande ou le stockage.

Avec le parc de production actuel, les simulations réalisées montrent qu’un prix autour de 30 €/tonne de CO2 permettrait de diminuer les émissions du secteur électrique européen de façon significative de l’ordre de 15 % (100 millions de tonnes par an) et un prix de 100 €/tonne de 33%. Ce prix de 100 €/tonne permettrait également aux installations de production d’électricité renouvelable d’afficher un coût de production compétitif par rapport aux installations thermiques et faciliterait ainsi leur intégration au marché. La part des centrales au gaz dans la production fossile atteindrait un niveau de 85 %.



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