Méthode de calcul de capacité

21/05/2015 : Les gestionnaires de réseaux, bourses et régulateurs de la région Centre-Ouest (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg) démarrent le couplage de marché fondé sur les flux (Flow Based) entre les frontières de leurs zones de marché.

Introduction

Les capacités d’échanges d’électricité entre pays sont couramment représentées par des NTC. La manière de calculer ces capacités ont un impact important sur le marché européen, et les méthodes utilisées sont encadrées par la réglementation nationale et européenne. Dans ce cadre une approbation est faite par la CRE des méthodes appliquées par RTE, qui sont ensuite mises à disposition du public sur le site web RTE.

La méthodologie complète de calcul des capacités d’échanges transfrontaliers d’électricité appliquées actuellement par RTE aux frontières françaises est détaillée ici.

1. Des méthodologies de calcul des capacités

Suivant la frontière concernée et l’échéance temporelle (annuelle, J-2, IJ), les méthodologies de calcul de capacité utilisées peuvent en fait être très différentes. Certaines sont très spécifiques en raison de particularités techniques ou réglementaires (ex. de France – Angleterre & France-Suisse en long terme), d’autres basées sur méthodes complètement coordonnées au niveau régional avec un seul calcul de capacité (ex. du Flow Based dans la région Centre-Ouest), et d’autres enfin relèvent entièrement de la « méthodologie RTE » (considérant que chaque GRT propose une valeur de NTC, la minimum étant retenue).

2. Méthodologie RTE

La méthodologie RTE repose sur un calcul en 4 étapes :

  1. Construction d’une situation de référence, modèle jugé probable du réseau et des injections / soutirages afin de pouvoir déterminer les contraintes pour une période de temps donnée (pouvant aller jusqu’à une granularité horaire)
  2. Calcul de répartition des flux sur cette situation de référence dans le cadre d’une analyse de sécurité (avec prise en compte d’aléas qui ne doivent pas conduire à des situations incontrôlable du réseau)
  3. Au vu de la situation de référence donnée, et pour chaque aléa considéré, détermination des marges physiques disponibles sur le réseau. Un ouvrage est dit en contrainte lorsque les limites physiques admissibles sont dépassées.
  4. Enfin, les marges physiques disponibles sont transformées en capacités commerciales. Pour cela des coefficients d’influencement sont utilisés (PTDF en anglais), qui représentent l’impact d’un accroissement d’échange commercial entre 2 pays sur un élément réseau donné dans chaque configuration spécifique (1 situation de référence & 1 aléa spécifique). Lorsqu’un élément réseau est influencé par plusieurs frontières, une équi-répartition est faite de la marge physique disponible. La capacité commerciale vue de RTE est alors celle qui correspond à la fois à une exploitation en sécurité du réseau de RTE, et une utilisation complète de la marge physique disponible pour réaliser des échanges entre pays.

3. Les codes de réseaux : un fort impact sur les méthodes de calcul de capacité

Les codes de réseaux, dont le processus d’élaboration a été fixé par le règlement 714/2009, prévoient dans le détail la manière dont le calcul de capacité doit être réalisé. Il s’agit de passer de méthodes partiellement coordonnées (chaque GRT détermine une NTC, puis le minimum est retenu) à des méthodes entièrement coordonnées (les GRT concernés déterminent ensemble une méthodologie, puis un seul calcul de capacité est réalisé sur la base des données envoyées en input par les GRT : situations de référence, …).

RTE est très impliqué dans plusieurs projets de calculs de capacités pour promouvoir les pratiques qui permettent d’utiliser au mieux les possibilités du réseau actuel.