Méthode de détermination des capacités

Préambule

La méthode de détermination des capacités commerciales d'exportation se déroule selon les étapes suivantes :

  • Calcul des flux physiques sur tous les ouvrages du réseau,
  • Détermination des marges physiques disponibles,
  • Transformation des marges physiques en capacités commerciales disponibles,

Les processus J-2 et J-1sont détaillés dans le document ci-joint.

1. Hypothèses

Un calcul de capacité d'échange se fait en fonction d'un ensemble d'hypothèses données et à une certaine échéance de temps. On trouve parmi les hypothèses les éléments suivants :

  • État du réseau de transport français,
  • État du réseau de transport des GRT voisins (modèles simplifiés dans certains cas),
  • Prévision de la consommation française (soutirage en MW par nœud du réseau),
  • Prévision de la production française (injection en MW par nœud du réseau),
  • Échanges déjà connus ou prévisions d'échanges.

RTE maîtrise le processus de prévision de la consommation française et développe la coopération avec ses partenaires pour réduire les incertitudes sur les autres hypothèses.

Ces hypothèses s'améliorent lorsqu'on se rapproche du jour pour lequel l'étude est effectuée. Les valeurs calculées par RTE sont donc toujours indicatives et peuvent évoluer au cours du temps en fonction des événements affectant les hypothèses de calcul.

2. Calcul des flux physiques sur tous les ouvrages du réseau

En fonction d'hypothèses retenues pour l'étude considérée, RTE procède à un calcul de répartition des flux sur le réseau (ou load flow). À l'issue de ce calcul, on dispose des puissances actives et réactives sur tous les ouvrages (lignes et transformateurs) du réseau.

3. Détermination des marges physiques disponibles

RTE détermine les marges physiques sur les ouvrages du réseau de façon à ce que l'impact d'un incident sur ses clients soit minimal. A partir de la situation initiale, un certain nombre d'incidents correspondant principalement à des pertes de lignes du réseau sont donc simulés. Les flux physiques après incident sont comparés aux limites physiques admissibles des ouvrages du réseau. Un ouvrage est dit en contrainte lorsque les limites physiques admissibles sont dépassées.

Les incidents qui doivent être pris en compte et la définition des conséquences acceptables vis-à-vis de la sûreté de fonctionnement du système électrique (en termes de courant dans les lignes, de tenue de tension, de consommation délestée…) sont précisés dans les règles d'exploitation de RTE. On détecte ainsi l'existence d'éventuelles contraintes (on parle également de congestions) qui peuvent affecter les ouvrages "intérieurs" du réseau ou les lignes d'interconnexion. On détermine la capacité physique encore disponible, ou marge physique, sur chacun des ouvrages du réseau.

4. Transformation des marges physiques en capacités commerciales disponibles

RTE calcule les capacités commerciales à partir des marges physiques disponibles en utilisant notamment des cœfficients appelés cœfficients d'influencement.

Le cœfficient d'influencement d'un échange, dans une direction donnée, sur un ouvrage 1 après la perte d'un ouvrage 2, est l'impact d'un volume d'échanges supplémentaires sur le flux physique traversant l'ouvrage 1 après la perte de l'ouvrage 2. Ce cœfficient est exprimé en % et est en valeur relative. Par exemple, dire qu'un échange de la France vers la Belgique a un influencement de 10% sur un ouvrage 1 après la perte de l'ouvrage 2, signifie que 100 MW d'échanges de la France vers la Belgique augmentent le flux physique de 10 MW sur l'ouvrage 1 après la perte de l'ouvrage 2.

La marge physique sur un ouvrage donné est transformée en capacité commerciale disponible sur chacune des interconnexions : on répartit de façon équitable cette marge sur chaque interconnexion et on tient compte des cœfficients d'influencement d'un échange supplémentaire sur l'interconnexion, sur le flux physique de l'ouvrage pour l'incident considéré.

Cette transformation de marge physique en capacité commerciale est effectuée pour tous les ouvrages du réseau électrique français. La capacité commerciale disponible sur chaque interconnexion est finalement définie comme étant la valeur minimale des capacités commerciales calculées pour toutes les pertes d’ouvrages étudiées. Cette capacité commerciale disponible, répartie aux différentes échéances d’allocation, satisfait donc à l'ensemble des contraintes étudiées.

La capacité commerciale mise à disposition à chaque échéance d’allocation (annuelle, mensuelle et journalière – sur la majeure partie des interconnexions) est définie sous le terme ATC (Available Transfer Capacity) au sens de l’ENTSO-E.